Voici un résumé de l'histoire de la famille Vanverberghe et des premiers pas de Francis le Belge dans la vie
Francis Vanverberghe est le fils de François Vanverberghe et d'Herminia Gomez. Le premier, né en 1918 à Croix, dans les Flandres françaises, est menuisier. La seconde est une pieds-noirs d'Algérie d'origine espagnole.
Le père, François, a un vice : le jeu. Mais en dehors de ce travers, il est un homme honnête et droit. En rien un voyou. Néanmoins, le jeu va lui jouer de mauvais tours. Le pire d'entre eux survînt avant la guerre, alors que François et sa future femme Herminia se sont rencontrés depuis quelques temps déjà. Lors d'une partie, le Flamant ayant perdu toute sa mise, il n'hésite pas à mettre en jeu... sa fiancée. Et perd la partie. Se rendant compte après coup de la stupidité de son geste, il s'en va demander au joueur vainqueur de lui restituer son épouse. Le joueur réfuse et reçoit un coup de poing phénoménale de François Vanverberghe. Malheureusement pour les deux hommes, le coup porté s'avère être mortel. François est envoyé une année en prison pour homicide involontaire.
Après la sortie de prison de François, le couple s'installe à Marseille, dans le petit logis du 16, rue Auphan, en plein coeur du quartier de la Belle-de-Mai. Repliés dans le Cantal pendant la période troublée de la Libération, François et Herminia donnent naissance à leur premier enfant le 6 septembre 1944 : Jeannine. Les trois autres sont nés dans la cité phocéenne : Francis le 3 mars 1946, Joseph Séraphin le 21 juillet 1948 et Simone le 1er septembre 1952. Si Joseph et Jeannine sont plutôt calmes, ce n'est pas la cas de Simone et Francis.
La famille vit assez mal, et en ces temps de restriction (les tickets d'alimentation seront de mise jusqu'en 1954) on mange rarement de la viande à tous les repas. Francis, lui, n'était pas très doué à l'école. L'un de ses anciens camarades de l'école des frères Timon David, rue Édouard-Vaillant, se rappel : "son territoire c'était plutôt la cour de récré où il ne faisait pas bon hausser le ton avec lui. Il ne se faisait pas spécialement remarquer au niveau discipline mais il en imposait par un je ne sais quoi que l'on peut baptiser regard, ou prestances, ou force à l'état brut".
Son surnon, "le Belge", Francis le doit à son père, tant par ses origines (Croix est très proche de la Belgique) que par son patronyme, quasi imprononçable pour tout marseillais à l'accent trempé. Et ce n'est pas le Milieu qui le lui a donné, mais bien ses copains d'école, l'appelant "Oh Belge!" comme ils auraient dit "Oh Blond!" à un camarade aux cheveux clairs.